L’empire numérique s’implante dans Le Hainaut avec Google. Pourquoi résister ?
Les GAFAM (cinq grandes firmes américaines qui dominent le marché du numérique : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), avec leurs centres de données et l’intelligence artificielle qui prolifèrent exponentiellement, sont le résultat d’une chaîne mondiale d’exploitation humaine et environnementale. Cette infrastructure bien matérielle n’a rien d’un « cloud » ou nuage vaporeux : elle est dépendante de l’extractivisme, l’esclavage et la privatisation des ressource, notamment les minerais rares et l’eau. Les data centers sont donc liés aux nombreux conflits et crimes contre l’humanité, comme en République Démocratique du Congo.
La Belgique, sans prise de recul par rapport à l’impact humain et environnemental de ces infrastructures, ouvre grand ses portes à l’empire numérique. Actuellement, elle héberge plus de 80 data centers. En février 2024, Google a démarré un méga chantier écocidaire sur les communes de Sambreville, Aiseau-Presles et Farciennes. Google a 27 data centers dans le monde, dont un data center faramineux à Saint Ghislain, deux à Farciennes (1 construit et 1 en construction) et une demande de permis à Feluy. A Farciennes, le dernier permis datant d’Avril 2026 stipule de quadrupler la capacité de stockage des serveurs, imperméabiliser 12 ha supplémentaires et prévoit un refroidissement par puisage de l’eau de la Sambre. Pour ce projet considéré par la region comme etant un projet « d’utilité publique », des agriculteurs ont été expropriés de leurs terres qui étaient pourtant dans la famillle depuis plusieurs générations. Nous considérons qu’en aucun cas un data center Google relève de l’utilité publique, mais comble plutôt des intérêts privés. Par ailleurs, Google bénéficie d’exemption de taxes locales dont le manque à gagner pour les communes est compensé par la Région.
Localement, le bilan environnemental est catastrophique: de l’eau pompée dans la Sambre et rejetée potentiellement chauffée et polluée aux PFAS à hauteur de 3000m3/jour, la disparition des grenouilles reinettes (espèce protégée), le délogement de sangliers, la bétonisation et l’expropriation de terres agricoles (équivalent à 70 terrains de foots), une consommation électrique équivalente à celle de deux fois la population de Charleroi. L’usage électrique des méga data centers Google impliquent donc la prolongation du nucléaire en Belgique, et de ressources fossiles pour combler les lacunes en cas de crise, puisque ces data centers doivent absolument tourner sans interruption !
Mais au fond, est-ce un sacrifice nécessaire pour un usage dédié à la « transition verte et digitale » que nous promet l’Union Européenne ? Est-ce au service de la population que seront mis ces méga projets ?
En effet, en observant les data centers de Google déjà en service, nous pouvons dès aujourd’hui constater l’abîme entre les promesses d’emplois de Google, annonçant plus de 2000 emplois indirects (sécurité, catering…) et la réalité sociale et économique de ce type de projet. Ainsi, le DC de Saint-Ghislain n’emploi directement que 140 personnes, avec des postes qualifiés principalement destinés à des travailleur en mission ponctuelle ne résidant par en permanence sur le territoire. Pour continuer à communiquer sur leur soit-disant intérêt économique, Google invente une catégorie d’emploi mensongères et qui relève d’aucune catégorie statistique: les « emplois soutenus ».
D’abord, les centres de données et l’IA générative sont au coeur de la surveillance et de la militarisation: du stockage de photos, vidéos qui permettent l’accumulation de données pour entrainer l’IA, qui en demande toujours plus. Google fait partie des principaux fournisseurs de cloud aux armées, qui utilisent ensuite ces données sur les terrains de guerre et aux frontières. Les centre de données Google sont essentiellement des relais pour le centre névralgique de l’industrie militaire aux USA. Par exemple, en 2021, Google signe un contrat avec le gouvernement israélien de 1,2 milliards de dollars pour fournir des services d’intelligence artificielle à l’armée génocidaire. La Google Cloud Platform leur donne la capacité d’analyser les comportements, suivre des objets, détecter des visages et classer automatiquement les images.
Nous pensons que notre puissance collective d’agir peut nous permettre de penser un futur désirable. Nous refusons la trajectoire technique mortifère actuellement proposée et pensons que des alternatives à la big tech sont encore possibles.
Ressources pour aller plus loin:
Livres
“Technofascisme : le nouveau rêve de la suprématie blanche” – de Norman Ajari
Vidéos
« Technofascisme : le nouveau rêve de la suprématie blanche » par Norman Ajari, conférence sur l’AGI et son impact sur le futur.
Articles
- https://www.politico.eu/article/europe-choose-ai-climate-goals-data-center-chief-warns/
- https://www.generation-nt.com/actualites/californie-monterey-park-interdiction-datacenter-2076580
- https://lundi.am/Free-party-vs-data-centers-pour-une-politique-du-bug
- https://www.mo.be/opinie/de-hypocrisie-van-groene-datacentra
- https://gresea.be/IA-travail-emplois-Sortir-de-la-sideration?lang=fr
- https://www.canopea.be/pour-un-moratoire-sur-les-datacenters-en-belgique
- https://gresea.be/L-omnibus-numerique-revelateur-et-accelerateur-des-contradictions-europeennes?lang=fr
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Mardi 6 octobre 2026 | Centre Pachéco, salle Pachéco (Boulevard Pachéco, 13 à 1000 Bruxelles)
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